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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 07:04

livre-pas-fini_2012_01_pennac_chagrin-ecole.jpgLe thème : Daniel Pennac, ancien cancre devenu professeur de lettres puis écrivain met tout ça en perspective...

 

Mon avis : le livre est particulièrement bien écrit, même si on n'y retrouve pas la pétillance habituelle à Pennac. Le sujet est intéressant, voire très intéressant. Alors pourquoi je n'accroche pas et ne le termine pas alors que je suis dedans depuis un mois (un mois !!!) ? Eh bien je ne sais pas trop ! Bon, déjà, le sujet, pour être intéressant, ne me passionne pas non plus. Ensuite, et surtout, je crois que je suis un brin agacée par le manque de "creusage" et de remise en cause (du système, de l'entourage, de lui-même), un petit côté déification et adoration aveugle de l'Education Nationale qui me rase. Il critique l'enfant qu'il était, il relativise l'importance de l'adulte professeur qu'il est, il prend l'école telle que pratiquée comme un fait posé sans même, semble-t-il, se poser la question d'une autre école, d'une autre relation à l'école, etc., il voit la réussite scolaire comme la clé de l'épanouissement global, donne une importance centrale et essentielle à la réussite académique et scolaire, et de fait place manifestement l'élève avant l'humain (même s'il semble donner une grande place à l'humain, ne nous y trompons pas : c'est au service de l'élève). Moi qui ait lâché l'école pour manque d'humanité, réduction de l'existence entière à l'élève et pratique de l'humiliation comme une méthode pédagogique, alors que j'étais une excellente élève sans effort, je sais à quel point cette vision idéalisée est fausse.

En bref : rien que du bien ordinaire là-dedans au final, consensuel, un peu creux, typiquement "prof EN se voulant humaniste"... décevant. Stop page 164 sur 305.

 

***

Quelques extraits cependant, à feuilleter ensemble...

 

incipit : Commençons par l'épilogue : Maman, quasi centenaire, regardant un film sur un auteur qu'elle connaît bien.

 

page 17 : Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant-dernier. (Champagne !)

 

page 30 : Plus que tout, certains professeurs me reprochaient cette gaieté. C'était ajouter l'insolence à la nullité. La moindre des politesses, pour un cancre, c'est d'être discret : mort-né serait l'idéal.

 

page 37 : La naissance de la délinquance, c'est l'investissement secret de toutes les facultés de l'intelligence dans la ruse.

 

page 62 : A force de me l'entendre répéter je m'étais fait une représentation assez précise de cette vie sans futur. Ce n'était pas que le temps cesserait de passer, ce n'était pas que le futur n'existait pas, non, c'était que j'y serais pareil à ce que j'étais aujourd'hui. [...] J'étais une nullité scolaire et je n'avais jamais été que cela. Bien sûr le temps passerait, bien sûr la croissance, bien sûr les évènements, bien sûr la vie, mais je traverserais cette existence sans aboutir jamais à aucun résultat. C'était beaucoup plus qu'une certitude, c'était moi.

De cela, certains enfants se persuadent très vite, et s'ils ne trouvent personne pour les détromper, comme on ne eput vivre sans passion ils développent, faute de mieux, la passion de l'échec.

 

page 71 : Et ce n'est pas rien, une année de scolarité fichue : c'est l'éternité dans un bocal.

 

page 72 : Seulement, pour que la connaissance ait une chance de s'incarner dans le rpésent d'un cours, il faut cesser d'y brandir le passé comme une honte et l'avenir comme un châtiment.

 

page 86 : Car les sociétés se bâtissent aussi sur le mensonge bien partagé.

 

page 124 : Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercice de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte, et l'habitude de ne pas réfléchir par le calme renfort d'une raison strictement limitée à l'objet qui nous occupe, ici, maintenant, dans cette classe, pendant cette heure de cours, tant que nous y sommes.

 

page 138 : Du reste, elle voyait un rapport de nature entre une classe et une orchestre.

- Chaque élève joue de son instrument, ce n'est pas la peine d'aller contre. Le délicat, c'est de bien connaître nos musiciens et de trouver l'harmonie. Une bonne classe, ce n'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie.

 

page 152 (il cite le Livre de ma mère de Cohen) : Oui, allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient.


***

Chagrin d'école, Daniel Pennac, Prix Renaudot 2007, 305 pages

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Plouf_le_loup - dans Livres
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commentaires

Dorémi 21/01/2012 14:55


En folio, il porte la mention roman sur la couv'…

pyrouette 20/01/2012 10:19


J'ai bien fait de l'éviter !

Marihan 19/01/2012 20:56


J'ai lu ce livre il y a deux trois ans il m'avait beaucoup touché, parce que je m'y suis énormément reconnue, je me souviens même en avoir pleuré. Ses grandes difficultés scolaires qu'il a vécu
je les connais bien. La seule différence entre son expérience et la mienne, c'est qu'il a trouvé sur son chemin un prof qui s'est enfin interessé à lui, ce qui ne fut jamais mon cas. Toujours
cette satané loterie scolaire !  Dans le livre il dit qu'on lui disait de lire pour améliorer son orthographe, ors tout comme lui,  je lisais beaucoup dans mon enfance, c'était même mon
activité favorite et ça n'a rien changé à mes 0 en orthographe, peut-être n'ai je pas une mémoire photographique, par contre ça donne indéniablement du vocabulaire ! Bref ce livre me touche très
intimement.

Dorémi 19/01/2012 19:32


Assez d'accord avec Delphine L concernant la saga Malaussène, quoique Au bonheur des ogres reste mon préf de préf. Autant je trouve celui-là jubilatoire, autant les derniers sont, à mon
sens, plus laborieux (ce qui ne m'empêche pas de les relire régulièrement… même si je me retrouve un peu déçue à la fin).


Ses livres pour enfants sont chouettes aussi, et j'adore son Sens de la houppelande, avec les dessins de Tardi.

Delphine L 19/01/2012 18:48


Je ne suis pas sure d'avoir dépasser le deuxième chapitre ! Autant je me régale à lire et relire (assez rare pour être signalé !) la série des Malaussène (Au bonheur des ogres, la féee Carabine
etc...) autant celui-ci m'avait ennuyé à mourir !

Plouf_le_loup 21/01/2012 09:33



Ah j'ai quand même dépassé le chapitre 2... Et j'ai dévoré la série des Malaussène à leur sortie (parfois il me prend l'envie de les relire, mais il y a trop de nouveautés qui me font envie
aussi, pas le temps pour tout). J'avais beaucoup aimé !



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