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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 08:00

Le besoin d'aller aux toilettes

 

Dans une majorité d'écoles, on interdit aux enfants d'aller aux toilettes quand bon leur semble.


Aaah mais c'est parce qu'elles sont trop loin ! Mais QUI construit les écoles ? QUI en fait les plans ? Pourquoi ne prévoit-on pas ce cas de figure à la construction dans les bâtiments modernes ? Est-ce une surprise si étonnante que les enfants aient parfois besoin de se rendre aux toilettes ?! Et puis j'ai croisé des toilettes tout près des classes, où les instit interdisaient de s'y rendre au motif que "fallait y penser avant" (j'ai même vu bien pire de la part de parents à ce propos, mais passons, certaines personnes ne méritent pas de deuxième phrase). Outre que tous les adultes n'y "pensent pas avant" non plus, tout simplement parce que l'envie n'apparaît pas toujours en prévenant en avance quel que soit l'âge qu'on a, on peut aussi s'interroger quant au fait que dans le présent, là, maintenant, sans vouloir refaire le passé ni donner une pseudo leçon basse du front, d'où vient ce refus catégorique de tenir compte d'un besoin naturel impérieux et d'accepter de permettre de le satisfaire ? Est-ce qu'on écoute mieux un cours avec la vessie sur le point d'exploser ? J'ai comme un doute... Ou alors faut croire que l'écoute et l'attention ne sont pas la priorité des enseignants (sans rire, y'en a qui se posait encore la question pour de vrai ?)...

 

"S'ils font tous ça, on n'en sortira pas !" : déjà rien ne prouve que tous le feraient si loisir leur en était donné. Ou alors c'est qu'il est temps de se remettre, soi, instit, en question, dans sa pratique. Si tous les mouflets préfèrent se barrer ailleurs plutôt que d'écouter l'instit, c'est que l'instit est vachement chiant. Dans ma vie j'ai croisé des salles de classes où on entrait-sortait en prévenant simplement (sans demander de "permission" pour avoir le privilège/droit de ne pas se pisser dessus), éh bien je peux vous dire que quand l'instit est intéressant, à moins d'une urgence particulière, cas peu fréquent, personne ne sort sans raison. Mais remettre sa pratique en question, c'est un truc compliqué, pour la majorité des enseignants, malheureusement.

Ou quand un argument pseudo-égalitaire fait dire n'importe quoi pour assoire sa petite envie perso de domination...

 

Résultat, bien souvent : l'enfant se pisse dessus. Et là c'est le déchaînement de la meute ! (vous savez, celle qui ne partage qu'un seul cerveau, plus elle est grande, plus chaque individu en est stupide, plusieurs études ont très bien montré ce phénomène, en particulier avec la peur et la capacité d'intervention en situation d'autrui en danger). Humiliation, moqueries, bien souvent l'enseignant est le premier à encourager et pratiquer aussi cette humiliation gratuite, lamentable, minable, contre laquelle on ne peut pas se défendre puisqu'elle est inique, sans fondement, sans intelligence. Difficile de se battre contre la bêtise quand elle s'allie à la cruauté, surtout contre quelqu'un de jeune, démuni, en état de soumission, pas assez expérimenté pour faire face et prendre du recul. Dans n'importe quelle entreprise, on fait subir ça à un employé (un subalterne, comme l'est l'enfant à l'école), on se retrouve à juste titre aux prud'hommes, ça s'appelle du harcèlement moral. A l'école, c'est considéré comme normal, certains osent même avancer que ça s'appelle de l'éducation. Education sans respect ? Hum, faudra m'expliquer comment c'est possible (et puis l'expliquer à quelques autres au passage aussi, bien plus influents et réfléchis, genre Alice Miller, Carl Rogers, etc.)... Ca lui "apprendra" à ne pas recommencer ? Aah le grand mythe argumentaire de l'apprentissage par la souffrance (ce qui ne tue pas rend plus fort et blablabla que trop de gens préfèrent comprendre de travers pour mieux justifier leur méchanceté gratuite)... Sans rire, des gens pensent sérieusement qu'il existe des personnes qui, hors de toute pathologie particulière, si on ne les humilie pas, en grandissant, vont continuer à se faire dessus, pour le plaisir d'être mouillé-poisseux et de sentir de loin ?... 

 

Alors pourquoi continue-t-on encore trop souvent à interdire aux enfants scolarisés à se rendre aux toilettes quand le besoin s'impose ?... Juste par habitude éducative absurde et contre-productive ?

 

Et après on s'étonne que le monde se barre en biais...

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commentaires

Nadine 07/08/2012 14:30


Je connais effectivement des écoles où le papier toilette est distribué "au compte-gouttes", (officiellement pour éviter le gaspillage) et je trouve ça scandaleux,  qui peut savoir
de combien de feuilles il va avoir besoin et pourquoi rendre des comptes ? J'invite les parents de ces enfants à la révolte !!!

Mesokee 07/08/2012 09:09


tiens ça me fait penser aux toilettes pour fille de mon école primaire : toilette à la turc et un vide de 20 cm sous la porte... les garçons pouvaient donc se rincer l'oeil et ne s'en privaient
pas :-(


à l'école maternelle du village les enfants ont droit à 1 seule feuille de papier pour s'essuyer... et ça même en cas de "grand besoin"


c'est clair que jamais aucun adulte n'accepteraient de tel conditions sur son lieu de travail... pourtant ces problèmes dans les écoles ne les choquent pas plus que ça j'ai l'impression...


 

Plouf_le_loup 07/08/2012 14:15



Y'avait les mêmes dans mon école ! et sans verrou, et juste en face des pissotières des gars (en fait, en pissant, ils étaient face aux portes des filles, dans la même pièces, il n'y avait qu'une
demi-cloison d'1m de haut entre les deux, sur laquelle étaient fixées les pissotières). D'ailleurs je ne me souviens pas y avoir vu du papier en fin de semaine, c'est peut-être pour ce genre de
motif que c'est réglementé à l'école de ton village...



Nadine 26/07/2012 19:37


Enseignante depuis plus de 20 ans, je ne vois guère d'enseignants interdisant aux élèves d'aller aux toilettes pendant la classe ... on sait bien où ça mène ! Maintenant oui, je comprends
qu'on hésite à laisser certains élèves sortir seuls sans surveillance ... on a tous en mémoire cet enfant qui s'est pendu à son porte-manteau dans le couloir ...


Je reviens sur cette question : qui construit les écoles (et donc les toilettes) ?


Je travaille dans une école toute neuve (4 ans). Lors de la construction, les enseignants et le personnel ont été invités à donner leur avis, faire part de leurs remarques. Nous avons
demandé à ce que les enfants bénéficient d'intimité dans les toilettes en maternelle. Des parois (et non des portes)  ont été installées entre les cuvettes ... mais les rangées de
cuvettes se font face !!! Vous iriez aux toilettes, face à quelqu'un d'autre, vous ??? Quand on en a fait la remarque, on nous a répondu "vous n'êtes jamais contents" ...


Nous avons aussi demandé une douche pour les "incidents". Nous avons obtenu une douche fixée au mur ... à 2 m du sol !!! On inonde le gamin de la tête aux pieds pour un pipi dans la
culotte ? Bilan: cette douche n'est pas et ne sera jamais utilisée. On a demandé à la remplacer par une douche type "téléphone", il nous a été répondu que les normes (de quoi ? prévues
par qui ?) ne l'autorisaient pas !!!


On nous demande notre avis par pure démagogie, mais on n'en tient pas compte !!! (ou mal ...)

Plouf_le_loup 07/08/2012 08:07



ah oui là il y a énormissime foutage de gueule... =O_O= !!!!!!!!!!


 


Pour en revenir à l'autorisation d'aller aux toilettes, on ne fréquente pas les mêmes enseignants manifestement ;) Mes enfants n'ont croisé en tout et pour tout à eux 2 que 2 enseignants
l'autorisant, maternelle et primaire confondues (2 sur les 9 différents qu'ils ont eu en tout quand ils étaient scolarisés). Ils ont même eu la malchance d'en croiser une horrible, ignoble, (je
m'arrête là pour les qualificatifs, je crois que je n'en ai pas d'assez dur pour cette immonde merde de pseudo enseignante qui a définitivement dégoûté MissPapillon de l'école alors qu'elle
adorait ça, par des humiliations quotidiennes incessantes, des remarques rabaissantes, etc., dont on n'a appris la majorité qu'après d'ailleurs), qui semblait presque chercher ce genre de
situation et était ensuite la première à en rajouter dans la moquerie (mais je rassure tout le monde : elle est très très bien notée par la hiérarchie, ce qui n'est pas le cas d'un fantastique
enseignant hyper humain mais pas trop dans le moule et qui ne parle pas fluent le jargon IUFM dans la même école...)



Lysalys 25/07/2012 18:08


Terrible cette histoire de viol dans les toilettes...Malheureusement ce n'est pas la première fois que j'en entends parler et l'horreur avait eu lieu pendant une récré... La jeune femme concernée
ne parvenait pas à s'en remettre dix ans plus tard... Comment des enfants si jeunes peuvent-ils commettre de tels actes ?

Plouf_le_loup 07/08/2012 07:56



... en étant comme leurs parents ? En pensant que tout est permis du moment qu'on ne se fait pas prendre ?...


ok je sors...



Shikibu 23/07/2012 20:41


L'avis d'une maîtresse qui est  certaine qu'elle ne se fera pas conspuée :-) :


 


Personnellement, je laisse les élèves aller aux toilettes comme ça leur chante, avec pour simple contrepartie de me prévenir. J'hésite à  laisser deux grands aller ensemble aux toilettes car
j'ai  déjà vu  des cas d'attouchements sexuels, de violence ou  de racket en CE2 (et pas en ZEP). Mais les élèves qui posaient  problèmes avaient autant le droit que les
autres d'aller aux  toilettes : ça faisait partie du  contrat " je te fais confiance alors ne gache pas tout "


Mais j'ai  aussi  vu  des collègues me traiter d'inconsciente parce que j'agissais comme ça. 


 


Après quand on est  en pleine leçon (et surtout dans les niveaux multiples où on a moins de temps à  consacrer à  chacun), j'ai  déjà demander de patienter quelques minutes la
fin de la leçon en rappellant que lorsqu'ils étaient en autonomie, je les laissais aller plus ou  moins comme bon leur semblait. En général ils comprennent. 


 


Pour ce  qui est  de la " contagion pendant un cours chiant ". Je reconnais que quand ça arrive, on est  un poil réticent. Une main se lève, la question est  posée et là
 6 ou 7 mains se lèvent aussi pour les mêmes raisons. Bien sur qu'on sait pourquoi ça arrive. Mais faut pas croire, la remise en question se fait, sauf que parfois c'est  difficile :
une séance parfaite peu foirer parce qu'on est  fatigué, parce qu'un élève est malade, parce qu'on est  en retard sur le programme et qu'on se met la pression (n'oubliez pas vos
condisciples qui eux trouveront scandaleux que leur gamin n'ait pas encore vu  la division au  15 octobre). Et un truc bacler va marcher du  feu de dieu et on se demande encore
comment. 


Après n'oubilez pas aussi qu'il y  aura des élèves qui ne rentreront jamais dans une leçon parce qu'ils subissent tellement d'atrocités chez eux qu'ils n'ont pas la place pour bosser dans
leur cerveau. Allez intéresser un gamin qui s'est  fait expulser de chez lui à  7h30 le matin... (et toujours pas en ZEP).


Plus je réfléchis à  votre article et plus je me rends compte qu'il soulève des problèmes bien plus grave qu'une mauvaise volonté des profs. Et je finirai sur la phrase d'un collègue qui
m'avait pas mal questionnée à  l'époque  : 


" Je laissais aller aux toilettes jusqu'à  ce que l'une de mes CM2 accuse de viol un autre élève d'une autre classe. Il y avait bien eu  viol pendant la classe, dans les toilettes.
Depuis plus personne n'a le droit de sortir de la classe, c'est  vache mais je les protège. "


Personnellement, je ne peux pas lui donner tort, même si mes loupiots continuent à  aller aux toilettes pendant la classe. 

Plouf_le_loup 07/08/2012 07:39



Merci pour ce témoignage/point de vue, très intéressant =^.^=


Oui, je crois aussi que tout ça soulève bien plus d'interrogations que ça n'en a l'air ;) Ca n'est que la partie immergée de l'iceberg.


Pour ce qui est de "les protéger", oui et non. D'un côté oui, évidemment, ça saute aux yeux raconté comme ça. Mais d'un autre, dans ce cas, alors interdisons de monter en voiture, de partir en
vacances, d'ouvrir les fenêtres passé le 1er étage, etc. (m'est avis que statistiquement le risque de viol aux toilettes de l'école est plus faible que les risques d'accidents liés aux situations
que je viens de citer, et pas certain que le risque de viol aux toilettes de l'école pendant la récré soit beaucoup plus faible...). 


 


Pour ce qui est du cours qui donne envie de pipi, je pensais plutôt en écrivant aux cas où ça se produit et reproduit très souvent voire systématiquement. Ca me semble évident que de manière
ponctuelle, personne ne peut être toujours intéressant (bah j'instruis mes gamins, hein, je le constate bien...). La remise en question n'a d'intérêt que si c'est uns situation systématique.



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