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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 07:15

Comme je le disais dans une réponse à un commentaire ce matin, le lycée (privé sous contrat, sis dans un vieil hôtel particulier du centre parisien) dans lequel je suis allée avait une philosophie un peu particulière. Nous n'y étions présents, en filière littéraire, que 18 heures par semaine, aucun cours n'était obligatoire (et contrairement à une idée reçue divinatoire très répandue, globalement nous en rations très peu, et le plus souvent dans les mêmes matières, vous savez, celles qui ne nous intéressent pas de toute façon, celles où même en présence, on ne retient rien tellement c'est loin de nos centres d'intérêt...), le respect primait vis-à-vis de tous (même si le tutoiement était la norme, y compris avec les profs et le directeur), les élèves avaient le droit de sortir de la salle de classe sans déranger le cours en demandant une autorisation si un besoin pressant les y poussait (comme un adulte sort parfois d'une réunion au boulot, par exemple... fi de la demande d'autorisation dont la seule raison d'être est de répondre à la despotique question "qui c'est le chef ?" et de montrer son petit pouvoir), il est même arrivé qu'ils en profitent pour revenir avec un café ou que le prof leur demande de lui en ramener un, des cours "en rab" nous étaient parfois proposés (souvent sous forme de vidéo et dans le superbe et plein de moisi sous-sol voûté, mais pas toujours, et là encore, contrairement à une idée reçue, il y avait parfois vraiment du monde), parfois les cours se terminaient au coin de la rue autour d'un café, et jamais aucun devoir à la maison, par principe (ah ben l'enseignement est un métier, hein !). Le week end, il y avait des ateliers (facultatifs bien entendu) réunissant les élèves, profs et parents qui le souhaitaient, pour de bons moments ensemble. Pour ma part, en temrinale, j'allais à un atelier d'écriture libre. Bon, je passe sur les détails de plein d'autres aménagements et dispositifs intelligents, je pense que vous avez compris l'esprit.

 

Leur taux de réussite au Bac (tous confondus, ils préparaient aux bac A1, A2, C, D, E et peut-être d'autres, je ne me souviens plus) était similaire à la moyenne nationale de l'époque, un peu plus de 70%, alors même qu'ils s'étaient spécialisés dans l'accueil des ados en échec (c'était mon cas en plus d'une phobie scolaire et d'une très sévère dépression qui a duré pas loin de 10 ans avec quelques hospitalisations au passage, et pourtant j'y ai fait le lycée dans ces conditions en 2 ans et ai eu le Bac).

 

Tout ça pour dire que c'est possibble, et même concrètement réaliste, même après la primaire. Question de professionnalisme, de compétence, de choix aussi. 

 

Quand j'ai mis les enfants à l'école, j'étais convaincue que ce genre d'endroit avait forcément "fait école", s'était forcément répandu, ça relevait du bon sens le plus élémentaire de le penser. Tout le monde y venait avec plaisir, profs comme élèves, le lieu était enrichissant, la réussite était bonne, c'était presque thérapeutique pour ceux qui allaient mal. Comment imaginer que loin d'avoir fait école, ce genre d'endroit avait été dézingué par le système, ni plus ni moins ?! A se demander si les côtés délétère et tyrannique du système ne sont pas, comme le suggèrent quelques auteurs comme Brighelli, parfaitement volontaires puisque continuellement et systématiquement renforcés depuis plusieurs décennies...

 

Il y a quelques jours, je pensais à ça parce que monsieur Plouf me parlait de l'exact opposé de cette philosophie : un cours de maths du CNED (Centre National d'Ensiegnement à Distance) sur lequel il a voulu se "repiquer" pour préparer un cours à SuperKrapou. Bon, le CNED, globalement (il y a des exceptions, comme le cours d'arts plastiques quand on y est inscrit, mais les exceptions sont rares), c'est à peu près la caricature de ce que la pédagogie fait de plus absurde et contre-productif. En plus des énormités, des contre-sens fréquents, des aproximations, des fautes, des photos pourries (les plus anciens lecteurs se souviennent peut-être de celle-là), de la pédagogie du tatônnement mal digérée (mais ça n'empêche qu'un conseiller pédagogique m'a soutenu, il y a 2 ans, que cette forme de tatônnement imposé était in-dis-pen-sa-ble à la mémorisation du travail... j'étais juste horrifiée par tant d'aveuglement à la pragmatique, dans cette profession, ça devrait être une faute professionnelle), de la façon de s'adresser aux adolescents très infantilisante et bêtifiante, des formulations ridicules pour singer une scolarité en présentiel (Lindsey pense que... Dylan, lui, dit que... et toi, quel est ton avis ? pffff mon avis, c'est qu'ils ont des prénoms de séries télé et que là je pensais faire des maths, pas du commérage), en plus de tout ça, dis-je, les cours, surtout ceux de maths, sont invariablement construits de manière à provoquer délibérément l'échec ! Drôle de philosophie pédagogique qui conditionne et met en place l'échec... Avec tous les dégâts d'estime de soi et d'efficacité du travail que vous pouvez imaginer...

 

L'exemple dont me parlait monsieur Plouf est là : cours de 3ème, 2ème page (numérotée 27), exercice 1. On demande à l'enfant de faire un calcul (n²+n-1) en trouvant un résultat qui ne peut pas exister (qui soit pair), mais ça on ne lui dit pas, on lui demande juste de chercher. Mieux : on lui ordonne d'y travailler pendant 10 minutes !! Avant, on n'a rien expliqué, juste proposé quelques exercices de révision sans aucun rapport, à la formulation ni faite ni à faire (ça serait tellement dommage de rater une occasion de mal comprendre !). Et roule ma poule ! Dix minutes de flippe pour trouver une solution qui n'existe pas, le CNED a volontairement envoyé dans une impasse... Consternant. Je n'ai pas les mots pour l'exprimer tellement je trouve évident que c'est contre-productif. 

 

Mais voilà : aujourd'hui, c'est ça la "référence", c'est ça les cours officiels que dispense l'Etat, ça répond parfaitement aux programmes (y compris dans la méthode), c'est pensé par des mecs, dans les ministères, qui voient des enfants tous les 10 ans, ou alors chez eux le matin, le temps de les déposer dans l'école privée côtée (et qui applique d'autres pédagogies) du coin, qui ont une idée de l'école publique, de la société réelle des vrais gens quotidiens (y compris enfants) totalement dépassée, et qui imposent tout et n'importe quoi, chacun leur tour, juste pour imposer avec leur nom écrit dessus, juste pour ne pas faire comme le prédécesseur de l'autre parti (bouh, c'est caca de faire comme l'autre parti !), comme des clébards qui pissent partout pour marquer leur territoire... 

Et au milieu de ces batailles de petits esprits prétentieux : les enfants, les ados... 

 

Quel drôle de monde...

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commentaires

PMB 03/12/2011 21:17


Ah les exercices à piège… Il m’arrivait d’en concevoir, pour amener les élèves à ne pas répondre avec les seuls
automatismes, sur l’idée que la vraie intelligence c’est la capacité à faire face à des situations imprévues. Mais ils étaient mis en garde avant, et c’était toujours dans des exercices
d’entraînement, jamais dans des travaux notés.

pyrouette 01/12/2011 08:12


Je suis trois formaions au CNED... Enfin j'essaye de suivre trois formations au CNED... Je n'ai pu rendre aucun devoir. A chaque fois que je me connecte pour faire les exercices, je corrige les
fautes du site....Et je ne raconterai pas les difficultés de l'inscription. Alors j'imagine très bien ce que ça peut donner avec les enfants !

Catherine 30/11/2011 20:54


Le cned, c'est du foutage de gueule en grand.... J'ai voulu faire l'année de terminale à la maison (toute une histoire) et je me suis inscrite là : bref, avec les support qu'ils m'ont envoyé,
j'ai fait en trois jours tout les test et renvoyé le toutim ... rien apris mais passée pour une tricheuse vu que les résultats étaient bons, trop même


bref, mon dirlo de l'époque a prié les profs que j'avais de me faire passer les cours par les copains qui déposaient au retours mes devoir et exercices et m'a inscrite au bac en candidate libre
(reçu avec 16 de moyenne) et pas mis les pieds en cours pendant un an. C'était un chic type qui avait pris en compte mes dificultées familiales au lieu de me virer pour absentéisme... domage
qu'ils soient pas tous comme lui

Plouf_le_loup 30/11/2011 20:56



 j'adore ce genre de témoignage, pif paf pouf c'est plié, le CNED est rhabillé pour l'hiver ! Merci
Catherine 



sofi 30/11/2011 18:14


Bonjour!
Ce petit mot pour la méthode de l'échec. Enfin le problème insolvable. A la maison on fait "les frères lyons" et pour eux l'important c'est que le gamin réflechisse au problème, pas qu'il trouve
la solution. (et surtout qu'il remette le professeur en question ^^) Bon toute leur pédagogie est comme ça alors peut être que c'est pour ça que voir un exercice sans solution ne me choque
pas.
Peut etre que ce même exercice sans solution dans le cadre de l'EN est plus problèmatique ^^'


En tout cas ton lycée fait rever !!

Plouf_le_loup 30/11/2011 20:51



C'est très différent dans l'esprit et dans la façon de chercher, ce que fait le CNED (qui pousse vraiment au plantage) et ce que font les frères Lyons. D'ailleurs, même si ça ne nous a pas
convenu quand on a testé il y a 4 ans, tu ne me liras pas dire des trucs pareils à propos de la méthode des Lyons ;)



robin 30/11/2011 17:15


Bon, votre lycée était le lycée auto-géré de Paris ?


Savez-vous que pas très loin de chez vous, à Hérouville saint clair, il y a le clé, collège-lycée expérimental,  une école Montessori et une fresnet (j'ai un gros doute sur l'orth, désolé) ?

Plouf_le_loup 30/11/2011 20:48



Non, ça n'était pas le lycée auto-géré de Paris. D'ailleurs, ça n'était pas un lycée auto-géré du tout.


 


Alors le lycée dont je parlais plus haut (dans les commentaires, réponse au comm. n°2) est bien le clé d'Hérouville, idem pour l'école Freinet (à 30-40 minutes de chez moi, on s'était fait
débouter quand on avait voulu y inscrire SuperKrapou il y a quelques années). En revanche, une école Montessori dans les parages ? Où ça ? On m'a parlé d'écoles, c'est toujours un peu flou, à
Langrune, à Hérouville, à, à, à... J'ai un peu cherché et n'ai jamais trouvé une VRAIE école Montessori dans la région... Y en aurait-il une nouvellement ouverte ?



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