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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 08:46

livre_2011_11_monfils_vacances_serial_killer.jpgL'histoire : la famille Destrooper (Josette, Alfonse et leurs zados Steven et Lourdes) part en vacances, avec mémé Cornemuse dans la caravane. et ils sont tous haut en couleurs ! Et terriblement grossiers et vulgaires, à un point attachant ! Evidemment, le départ ne se passe pas tout à fait comme prévu, la caravane se détache (avec mémé dedans), l'hôtel est un repère minable de cafards, et les perosnnages croissés sont tous tout aussi hauts en couleurs qu'eux...

 

Mon avis : un régal ! Comme quoi, il ne faut pas toujours s'arrêter à un seul essai avec un auteur (voir ici) ! Ce livre est très très drôle, chaque chapitre a son lot de rebondissements, de coups de théâtre, de répliques désopilantes, de situations grotesques. Monsieur Plouf dit que c'est une sorte de vaudeville, et on est en effet dans le rythme du vaudeville. Avec une gouille terrible en plus !

Au début, je me suis dit "tiens, un genre de Tom Sharpe à la sauce belge" tant les situations étaient énormes et drôles et bien amenées, juste sans le flegme britannique et la classe en moins ; mais c'est bien plus que ça, parce qu'on est ici dans l'action continuelle, le mouvement, et un décalage de valeurs très logique et quotidien, et cependant absurde. Les actions se suivent en un déroulement logique, presque inévitable, mais les rebondissements s'invitent toujours, surtout en fin de chapitre ! C'est vraiment très drôle, je vous recommande ce livre pour bien rire un coup sans se prendre la tête !

 

***

Feuilletons ensemble quelques pages (j'ai eu bien du mal à choisir les extraits !)...

 

incipit : Le grand jour est arrivé ! Ceux qui ont du pognon vont à la Costa del Sol s'enduire de crème solaire et pavaner sur la playa en sirotant des punchs. Les autres se rendent à la mer du Nord où il pleut trois jours sur quatre, et encore, c'est quand t'as du bol.

 

page 37 : On apprend plus avec les cons, mais on s'amuse beaucoup moins.

 

page 64 : - Y'a pas de confiture ? s'enquiert Josette.

- Si. Mais votre mère a terminé le pot.

- Elle était très bonne !

- Evidemment qu'elle était bonne, affirme la patronne. C'est moi qui l'ai faite. A l'ancienne, dans une cuve. J'écrase les fruits avec mes pieds.

Josette la regarde d'un air effaré. Pas dégoûtée le moins du monde, la mémé lâche :

- Ca donne du goût...

- Vous en aurez demain, promet la patronne en repartant vers ses fourneaux.

- Tof (1) ! murmure Josette.

(1) Chic !

 

page 97 : Pensive, Josette regarde un bateau s'éloigner à l'horizon. Elle rêve à nouveau de partir à l'aventure, de traverser les océans avec Di Caprio sur le Titanic. Et tant pis s'il coule. Vaut mieux faire naufrage avec Leonardo que de rester le cul sur la plage avec un péquenot.

 

page 100 (à propos d'un chapeau) : - La vendeuse m'a dit qu'il pouvait attirer le soleil.

- C'est ça ! Et mon caleçon de bain il attire les sirènes, peut-être ?

- J'en suis pas sûre... murmure Josette.

 

page 121 : Les hémorroïdes sont les couilles du pauvre [...]

 

page 123 : Sauver des vies, c'est pas son truc. Il s'y connaît mieux pour tuer. Plus facile. Si cet imbécile de curé ne lui avait pas dit que c'était mal et qu'il irait griller en enfer, étranglé par la queue fourchue du diable, il ne se tourmenterait pas avec ça. Lui, il a toujours tué, comme si c'était un jeu. Ou un truc normal. Oh, jamais pour du beuure, l'est pas une brute quand même ! Il tue quand on lui casse les burnes. du genre "je te nique ton dimanche avec le bruit de ma tondeuse à gazon". D'abord il a demandé poliment d'arrêter cette merde, nom de Dieu, "sinon j'te ratisse les miches avec". Et comme l'autre a fait le sourd, il est passé à l'attaque. Mais il n'a jamais agi avant une première semonce. Il a des principes !

 

pages 129-130 : Le motard gît sur le sol. du sang coule de sa tempe.

- Hé zut ! s'écrie la vieille, il a dû se péter la gueule sur le coin de ma table, ce con. J'crois qu'il est mort...

- M'en a tout l'air constate Biloute en le secouant. C'est qui , ce zigue ?

- Un casse-couille qui est venu me soutirer de l'argent. Comment je vais faire maintenant pour m'en débarasser ?

- Moi je sais, mais j'suis en vacances.

- Et vous ne pouvez pas m'aider ?

- Non. Les vacances c'est sacré. La trêve.

 

page 152 : Son mariage avait été comme une autoroute. Tu roules, et t'as pas le temps de regarder le paysage. Parfois tu t'arrêtes, juste pour souffler que tu crois, mais en fait tu passes des vacances de merde parce que t'as des mômes chiants qui te niquent tes petits moments de plaisir. Bon, il les aime quand même, ces deux feignants. 

 

page 153 : Soudain, au loin, il voit s'approcher une silhouette, jupe au vent. Josette ? Il se met à crier :

- Jozèèèèèèèèèèèèèèèète !!!

Pour qu'elle revienne. Parce que en fin de compte, qui va repasser ses chemises ?

 

page 156 : Il en a zigouillé pour moins que ça ! Comme ce crétin qui avait laissé pisser son chien sur la roue de sa Bentley. Une belle bagnole qu'il avait piquée le jour de Noël, quand il avait pu sortir de taule pour bonne conduite.

 

page 187 : Fallait que sa vie bascule pour qu'il se rende compte que l'essentiel c'est d'aimer les autres. Mais il n'est jamais trop tard !

 

page 205 : J'ai pas d'amis et j'en veux pas. C'est que des misères. Je me contente d'oiseaux de passage, je les plume, et après je les renvoie dans leur cage.

 

pages 209-210 : Brel aurait aimé ces gens-là. Les rois du camping-car, les beaufs à casquette Jupiler vautrés dans la merditude des choses. Les Alfonse, Josette et compagnie qui causent comme des charretiers et se lancent des gros mots à la gueule. Parce que la vraie obsénité n'est pas dans le vocabulaire. Elle est dans la violence gratuite. Dans ces trous-du-cul qui nous font gober n'importe quoi pour s'en mettre plein les poches. Dans ce putain de monde où tout part en couilles, où les riches se pavanent sur leur tas de pognon sasn même jeter un regard à ceux qui crèvent la dalle. La grossièreté, c'est pas de causer comme un pilier de comptoir, mais c'est d'avoir un langage châtié et de foutre la planète en l'air en remplissant des piscines alors que des mômes meurent de soif.

 

page 213 : On dirait que passer son existence à faire chier son monde ça augmente l'espérance de vie.

 

page 216 : Se poser des questions sur la vie, c'est pas son truc. De toute façon, t'as jamais les réponses. Et si t'en as, elles sont fausses. Alors...

***

Les Vacances d'un serial killer, Nadine Monfils, 2011, 237 pages

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Plouf_le_loup - dans Livres
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commentaires

Pyrouette 28/11/2011 17:27


Il me dit vaguement quleque chose ce livre.... mais en film ! Mais je le note

Angèle 27/11/2011 00:45


Ca m'a tout l'air d'être le genre de livre dont j'ai besoin en ce moment, pour contrer la grisaille et la nuit qui nous tombe dessus à la vitesse de l'éclair!


Ca ferait un super scénario de film, j'ai déjà des idées pour le casting

Plouf_le_loup 27/11/2011 09:17



Oui oui je trouve aussi que ça ferait un scénario extra ! A mon avis, ça viendra, parce que nous ne serons pas les seules à avoir cette idée ;)



Iza 24/11/2011 19:34


Ca a l'air drôle ! Et m'a fait méditer sur le voisin qui me fait ch... les dimanches chauds et ensoleillés avec sa tronçonneuse. Mais j'ai des principes ;)

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