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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:23

J'en avais déjà parlé ici, une proposition de loi concernant le décrochage scolaire circule dans les couloirs de l'Assemblée Nationale. Elle a été discutée jeudi dernier, le 9 juin. Et la retranscription des débats n'augure rien de bon pour la suite, pour une fois la gauche et la droite semblent d'accord. Ergh.

 

Disons que globalement, je n'ai pas à me prononcer sur cette loi, même si j'en pense beaucoup de choses vu le tissu de mensonges et de bruits infondés qu'elle relaie comme des vérités indiscutables (du genre les pays ayant une école maternelle ont de meilleurs niveaux d'instruction... les PISA ne montrent rien de tel ! bref).

Présentement, du bout de la lorgnette IEF (instruction en famille), ce qui nous intéresse, puisque cette proposition sera mise au vote mardi (oui oui là le 14, alors que les députés n'ont que 3 jours ouvrés avant le vote pour déposer un amendement... là, 3 jours ouvrés avant, ça faisait le jour du débat ! A part ça on ne se fout pas du tout de nous tiens...), c'est la première modif proposée. Elle concerne l'article 131-1 du code de l'Education, qui dit actuellement :

"L'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans."

Ils voudraient le modifier en :

"La scolarité est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre trois et seize ans."

 

Donc non seulement rabaisser l'âge d'obligation de 6 ans à 3 ans, c'est-à-dire rendre l'école maternelle obligatoire, y compris pour les enfnats qui ne sont pas prêts, obligeant du même coup les collectivités à agrandir les écoles pour être certains de pouvoir accueillir tout le monde, etc. (en bref, institutionnaliser un état de fait, juste pour le plaisir de supprimer nos droits, puisque de fait, plus de 95% des enfants de 3 ans sont scolarisés) ; mais plus encore remplacer le terme d'instruction par celui de scolarité est très lourd de sens. D'abord ça signifie, à terme, pour nous parents qui instruisons en famille, que notre mode de vie sera plus facilement remis en cause (et je soupçonne que ça soit bien l'objectif, malheureusement). Ensuite ça signifie que la France risque plus facilement de s'assoir sur la liberté pédagogique et d'instruction, et c'est assez grave (c'est déjà le cas en Allemagne, qui n'est pas précisément fière qu'une famille allemande ait obtenu début 2010, pour ce motif, l'asile politque aux Etats-Unis... la France serait-elle jalouse d'une honte qu'elle n'a pas encore dans sa grande collection ?), on pourra bientôt aller gommer "liberté" aux fronton de nos mairies, parce que la première de toute, c'est bien celle de former l'esprit des enfants afin qu'il soit critique et sache raisonner, ce que ne fait pas l'école actuellement et ne peut pas faire vu son système d'organisation et ses programmes, désolée de le dire de manière aussi directe.

 

Enfin, détrompez-vous, ça ne touche pas qu'une frange marginale de la population, mais bien l'intégralité des enfants sur le territoire. Car en supprimant l'obligation d'instruction, on supprimerait de fait l'obligation fait à l'Education Nationale d'instruire les enfants !! Bah oui, ça tombe sous le sens ! L'Education Nationale n'aurait plus qu'à les scolariser, ça allège quand même vachement son devoir vis-à-vis des citoyens ! Quand on voit aujourd'hui le nombre d'enfants qui sortent de 10 ans d'école en sachant à peine déchiffrer un texte simple et qui perdront ce savoir en quelques années (ils sont pas loin de 10%, et là je ne compte que l'illettrisme complet), on se dit que ça n'est pas anodin que l'Etat ambitionne de s'alléger de cette obligation d'instruction, qui pourrait bien se retourner contre lui si des parents se réveillaient et s'avisaient de lui demander des comptes...

 

 

Si vous souhaitez réagir, vous pouvez chercher les coordonnées de votre député ici et lui faire parvenir la lettre-type ci-dessous (entre les lignes d'étoiles), copiée-collée sous traitement de texte pour la rendre plus personnelle (Monsieur/Madame, etc.), par courriel ou en allant la déposer dans sa boite directement, maintenant il faut faire vite ! L'enjeu est de réussir à ce que le nombre de voix pour que ça passe ne soit pas réuni mardi :

 

********

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Le 9 mars 2011 a été déposée à l'Assemblée nationale une proposition de loi (n° 3218) visant à lutter contre le décrochage scolaire.

Cette proposition de loi suggère, pour prévenir l'échec scolaire, de modifier ainsi le premier alinéa de l'article L. 131-1 du Code de l'éducation : « La scolarité est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre trois et seize ans. »

A l'heure actuelle, le premier alinéa de l'article L. 131-1 est rédigé en ces termes : « L'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans. »

Les associations Les Enfants D'Abord (LED'A), Choisir d'Instruire Son Enfant (CISE) et Libres d'Apprendre et d'Instruire Autrement (LAIA) ont envoyé un courrier pour exprimer leur inquiétude à Madame Tabarot, présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale. De nombreuses familles ont également contacté leur député pour manifester leur crainte que ne soit supprimé leur mode d'instruction.

Il est important de bien faire la distinction entre la scolarité obligatoire et l'instruction obligatoire. La scolarité répond à l'exigence de l'instruction, mais elle n'est pas le seul mode d'instruction. Les parents doivent pouvoir instruire leur(s) enfant(s) en famille. S'il est primordial de respecter les exigences constitutionnelles de la liberté de l'enseignement et de la liberté de conscience en préservant les diversités éducatives et pédagogiques, il est également important de laisser la possibilité aux parents d'opter pour l'instruction en famille, notamment lorsque l'enfant est en souffrance scolaire (échec, phobie, ...) ou s'il désire vivre une passion comme le sport ou la musique.

La scolarité ne saurait se substituer à l'instruction : c'est l'instruction qui englobe la scolarité et non l'inverse comme le prétend M. Durand dans son rapport. Aussi, dans le cas où cette mesure serait validée, ce que nous ne souhaitons pas en l'état actuel, nous vous demandons donc de conserver l'emploi du terme « instruction » dans le premier alinéa de l'article L.131-1 du Code de l'éducation :

Article L131-1 : « L'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre trois ans et seize ans. La présente disposition ne fait pas obstacle à l'application des prescriptions particulières imposant une scolarité plus longue. »

Par ailleurs, nous souhaitons que le contrôle de l'obligation d'instruction ne soit pas étendu aux enfants de 3 à 6 ans. Les contrôles pédagogiques font déjà l'objet de tensions entre les familles et les inspections académiques et étendre la période des contrôles, c'est prendre le risque d'alourdir plus encore ces relations au détriment de l'enfant.

Nous vous proposons d'insérer un article après l'article L.131-1-1 ou L.131-2 ainsi rédigé :

« L'allongement de la période d'instruction obligatoire ne modifie pas les modalités de contrôle pour les enfants instruits en famille telles que prévues par l'article L.131-10. Le contrôle de l'instruction obligatoire concerne les enfants de 6 à 16 ans. »

Nous vous prions d'agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l'expression de notre considération la plus distinguée.

********

 

C'est vraiment important !!!!

Comme dit Nagui (oui je regarde Nagui, et même je chante à tue-tête devant ma télé le soir, et en plus, j'adore ! le gars et son émission !) : faites duuuuuuu bruuuuuuuit !!!!!

Merci à ceux qui oseront ! =^.^=

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commentaires

Zazimuth 15/06/2011 08:40



Je suis tout à fait d'accord avec toi en ce qui concerne la nuance entre scolarisation et instruction. Et malheureusement ça va dans le sens de ce qu'on observe ses derniers années dans certains
établissements où les chefs d'établissement demandent aux enseignants d'être là pour "garder" les enfants en gros, c'est la seule chose qui leur importe. Ce qu'on fait à l'intérieur de la salle
où on les garde est facultatif...



la belle bleue 15/06/2011 00:42



Ouf, ça n'est pas passé (199 voix pour, 273 voix contre). Mon député est le seul socialiste du département, et en voyant les débats, j'ai constaté que c'était une proposition de loi d'un député
socialiste... Du coup je ne sais pas si mon mail a pu l'intéresser...
On peut visionner les débats ici :
http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html
choisir 14 juin puis "lutte contre le décrochage scolaire"

Quelle idée idiote que de croire que pour empêcher les gamins de s'ennuyer à l'école, il suffit de mettre plus d'école...



Plouf_le_loup 15/06/2011 08:35



Oui, merci de donner les résultats =^.^=


Va falloir rester sur le qui-vive vu que beaucoup veulent en faire LE débat de la campagne 2012, mais nous avons un répit. (cela dit, LE débat de la dernière campagne était sur les enfants
handicapés, et franchement, vu les pets de mouche que ça a donné une fois l'élection passée, si on oublie tout autant après les élections, ça sera peinard ! lol)



PMB 13/06/2011 18:48



Bon, en passant par gougueule j'ai réussi.


J'ai lu.


Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage...



PMB 13/06/2011 18:34



Help, le lien vers la tribu des pandas ne marche plus !



Fleur 12/06/2011 12:59



un vote contre peut faire la difféence


a envoyé



Plouf_le_loup 12/06/2011 14:47



merci !



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