Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 08:21

livre_2012_03_bourdin_serment-automne.jpgL'histoire : On plonge dans le récit en étant directement dans la voiture de Guillaume, qui roule vers la région de Beaune répondre à l'appel au secours de son frère jumeau. A l'arrivée, le choc : Robin, son frère, décharné par le cancer, affaibli, et la rencontre tout de suite après avec Laurence, l'épouse de Robin, enceinte et quasi à terme. On apprend bien vite que Guillaume est architecte, patron d'une agence qui marche bien à Versailles, en plein sur l'obtention imminente d'un très gros contrat ; que son fils Ralph, qu'il a élevé seul, lui a piqué sa maîtresse, une mannequin sublime et sans scrupules, et lui a fait un procès pour se faire entretenir le temps d'études de médecine auxquelles il est inscrit sans les suivre ; qu'on est en début de saison des vendanges alors que Robin et Laurence sont viticulteurs, et que Guillaume, qui n'y connaît rien, va devoir prendre la relève au pied levé... Et nous voilà en un clin d'oeil plongés au coeur de cette histoire de famille, qui traverse une loi des séries pour le moins cahotique. 

 

Mon avis : un pur plaisir ! Les paysages du début, vignes et coteaux, nous baignent dans une ambiance très particulière dès les premières lignes, ambiance qui va donner une teinte très spéciale à tout le petit bout de chemin qu'on va faire ensuite avec cette famille. Pendant tout le récit je me suis dit "on sent la scénariste", et c'est un vrai bonheur d'avoir entre les mains une histoire bien conçue menée par des personnages consistants, avec un style d'écriture fluide qui se fait discret pour laisser toute la place à la narration (ça c'est fort !). Les personnages sont là, ils existent, vivent, sont crédibles, même si parfois certains peuvent sembler un peu caricaturaux (en même temps, j'ai fréquenté certains milieux et y ai vu en vrai des gens bien plus caricaturaux que ça !!! oh la la !). Jusqu'à la "transparence" et l'omniprésence de l'ombre de Robin pendant sa maladie ! On a vraiment l'impression, à la fin, d'avoir passé un moment avec Guillaume, Ralph, Marc, Robin, Laurence et Sybil, de les avoir vus ou cotoyés. 

Les émotions, si elles sont tout le temps là, ne sont pas le centre, donc pas de pathos, on ne s'appesantit pas en chouineries et observation de nombril, et pourtant il y aurait de quoi ! L'histoire n'a pas de temps morts, de pauses, sans pour autant que ça soit trépidant non plus, on avance à un rythme presque uniforme, comme le temps, comme la vie, on ne peut pas y échaper, et on en redemande. Ca m'avait fait un peu le même effet avec ma précédente lecture de Françoise Bourdin (clic), qui avait aussi pour thème une relation fraternelle (même si cette fois elle est plus secondaire).

Vraiment je me suis bien régalée ! Un excellent bouquin de détente, super bien fait, bien écrit, sans prétention. Parfait quand on a envie de se faire raconter une chouette histoire =^.^=

      .

***

Petit plus inhabituel ces derniers temps : je n'ai pas relevé une seule faute. Yep !

.

***

Feuilletons ensemble quelques extraits (pas évidents à relever, je me suis laissée entraîner par le récit, l'histoire, plus que par ...

 

incipit : A la hauteur de Beaune, Guillaume quitta l'autoroute et commença à se sentir chez lui.

 

page 162 : - Je crois que je n'aurais pas aimé être fils unique, dit Robin. Ni me retrouver aîné ou cadet. Jumeau, c'est ce que je préfère.

Guillaume ne pouvait pas s'y tromper, c'était une façon de le remercier.

 

page 175 : Guillaume perçut le bruit d'un briquet, puis celui des pièces de monnaie que Philippe devait être en train de poser à côté de sa tasse de café. avait-il envie de se retrouver là-bas avec lui, à Versailles, prêt à attaquer une journée de douze heures où il ne serait question que de plans et de rentrabilité ? Souhaitait-il vraiment continuer à se battre comme un diable contre des agences dix fois plus grosses que la sienne ? A dessiner des bâtiments qui, au fond, ne lui plaisaient pas mais lui permettaient d'emporter des marchés dans la capitale ?

- J'ai été franc avec toi, reprit Philippe. Je pourrais te passer la main dans le dos, te dire que je compatis et te suggérer de prendre tout ton temps. Et puis, après avoir raccroché, te traiter de pauvre con irresponsable. Mais j'aime mieux m'engueuler avec toi en direct.

- Eh bien, sois content, c'est fait !

 

page 182 : Ces derniers temps, il s'était senti au bord de la dépression, prêt à se déclarer vaincu. Et lorsque le cancérologue avait évoqué un espoir de guérison, il n'avait pas été submergé de joie comme il l'aurait dû. La route commençait à être trop longue pour lui. Plus grave encore, il n'était pas certain, même s'il en réchappait, de se retrouver au bout du compte.

 

page 216 : J'adore les bébés, je les trouve craquants. Minuscules, sans défense, et pourtant ils font tout avec une sorte d'avidité. Boire leur lait, respirer, crier... même dormir !

      .

***

Serment d'automne, Françoise Bourdin, mars 2012, 301 pages

Partager cet article

Repost 0
Plouf_le_loup - dans Livres
commenter cet article

commentaires

mifee78 21/03/2012 10:05


cela ne m'etonne pas françoise bourdin ecrit remarquablement bien,  cela donne envie de le lire, ce que je ferais merci à vous

Profil

  • Plouf_le_loup

Greenpeace

Recherche

Mon Pinterest

LogoPinterest.png

le site de monsieur Plouf

Ma boutiquette Dawanda

http://s32.dawandastatic.com/User/2097/2097450/full/1318454317-436.jpg

mes messages du moment...

2012 04 27 17 

  aaa-Krishnamurti.jpg    

politique3

politique societe 11406 566323960053809 1567636941 n