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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 08:18

En juin dernier, lors du précédent contrôle pédagogique de MissPapillon, nous avions eu un désaccord avec un conseiller pédagogique. Ca n'avait pas porté à conséquence, même si c'était évident qu'il n'avait pas l'habitude d'être contredit... Il vantait les mérites de ce que l'Education Nationale appelle le "tâtonnement". Je lui disais que les cours primaires du CNED (visibles là : académie en ligne) fonctionnent maintenant sur ce principe, que je trouve absurde : on pose à l'enfant un problème qu'il ne peut pas résoudre avec ses connaissances actuelles, et, en gros, on le laisse se débrouiller. On lui en propose d'autres du même acabit, et on attend en le regardant s'empêtrer. Finalement, on lui donne la façon de faire (au CNED, c'est sur le ton de "voilà ce que tu aurais dû faire", limite s'il n'y a pas le "espèce d'andouille" dans la foulée, faut dire que le CNED est rédigé d'une manière toute particulièrement irrespectueuse et crétinisante vis-à-vis des enfants), et on passe à autre chose, paf. Bref : absurde à tous points de vue (et surtout sur les plans pédagogique et psychologique).

Cependant, comme il  ne faut pas mourir bête, j'ai essayé une fois avec MissPapillon. Ben ça a été aussi foireux que le principe est absurde ! Elle a bien fait le cheminement "attendu", mais chaque fois qu'elle a par la suite été confrontée à la même résolution à faire, elle a dû refaire le même cheminement, elle était devenue incapable de se souvenir directement de son résultat final précédemment obtenu ! Ca crée un super sentiment d'échec et de perte de temps, une vraie horreur !

Et donc ce monsieur défendait ça à grand coups de "ça a fait ses preuves" (Quelles preuves ? Où ? Avec qui ? Où sont les chiffres ? Cette "réussite" ne correspond pas à ce que je lis du niveau d'instruction des petits Français à qui on impose entre autres cette méthode depuis quelques décennies... c'est fascinant, les gens pour qui la théorie est supérieure à la pragmatique, même quand la pratique se plante et replante...).

 

Autant dire que je n'ai pas été surprise de découvrir, dans les évaluations qu'il avait prévues cette année pour MissPapillon (qu'il m'a remises sans qu'elle les passe), des "pièges", procédé que je trouve également particulièrement stupide (je crois que c'est André Antibi, au début de La Constante macabre qui donne comme exemple les cours de secourisme, où on vérifie que les gens ont intégré les choses enseignées, sans chercher à en mettre la moitié en échec par des pièges absurdes, et où on considérerait à juste titre, si la moitié des candidats n'avaient pas la moyenne, que c'est l'instructeur qui est en échec et non ses élèves... Pourquoi ne raisonne-t-on pas de la même façon avec les enfants dans les classes ?... enfin bref, c'est un autre sujet).

 

Et donc ce conseiller était de nouveau là cette année... Et nous avons eu un autre désaccord, mais alors là même pas la peine d'imaginer que j'essayerais d'imposer le truc, même "pour voir". Ces messieurs parlaient d'une éventuelle rescolarisation future (ce que je ne conteste pas, z'ont bien le droit d'en parler, d'ailleurs monsieur Plouf et moi en parlons aussi parfois entre nous, c'est dire si le sujet n'est pas tabou), et je disais que je ne pensais pas que dans le cas de MissPapillon et sa très sévère phobie scolaire d'il y a 4 ans, le collège soit le niveau le plus indiqué pour tenter (violence, compétition, agressivité entre élèves, etc., y sont à leur maximum). A quoi il me répond que dans la vie, elle sera bien aussi confrontée à des choses dures et violentes, et que, en gros, il faut donc le lui imposer dès que possible pour qu'elle s'y habitue... (et quand on sait ce que SuperKrapou a subi comme harcèlement au collège, ça prend toute sa saveur... Enfin je ne connais pas d'adulte qui subirait la moitié de ça quotidiennement au boulot sans en faire -et ça serait 100% justifié- tout un flan aux prud'hommes ; mais quand c'est un enfant, on laisse courir, on dit que c'est la vie qui rentre et autres conneries !!! stupéfiant ! mais ça n'est pas le sujet, je digresse encore).

 

Ce raisonnement, que j'appelle "mon enfant, dans la vie tu vas en chier, alors commençons tout de suite !", je le trouve particulièrement sadique et hypocrite. Evidemment je ne l'ai pas dit comme ça à ce conseiller, mais j'ai défendu mon point de vue de manière ferme, il est pour moi absolument inenvisageable de raisonner comme ça.
Pour vous donner un exemple, je pense que tout le monde sera d'accord pour dire qu'on ne met pas un enfant de 3 ans devant un film violent pour adultes sous prétexte qu'il en verra plus tard. Ca relève exactement du même principe : chaque âge est prêt à un moment pour affronter certaines difficultés (relationnelles ou autre). Ca va même plus loin puisque chaque individu n'est pas prêt dès bébé à tout affronter, et que tous ne seront pas prêts aux mêmes choses aux mêmes moments, c'est une évidence, alors c'est même ridicule de ne raisonner qu'en terme d'âge. Pour ma part, par exemple, à presque 40 piges, je ne suis pas capable de lire ou voir des séries/films, etc., qui traitent de torture, fictive ou pas. C'est au-dessus de mes forces, point. Est-ce que ça me rend moins responsable qu'une autre ? Je ne crois pas, j'aurais même presque tendance à dire au contraire, vu que j'évite les journaux télé, etc., ça m'a donc permis de ne pas anesthésier mes perceptions émotionnelles et de garder aiguisée une certaine conscience.

Là, le discours était quasi qu'il faudrait entrer dans un moule (encore pour l'instant certainement délétère) sous prétexte que peut-être, plus tard, un jour, quand elle sera adulte, ce qu'elle aurait à subir dans ce moule maintenant pourrait se reproduire ailleurs ? Gné ?! Vous étiez capable d'affronter les mêmes choses, voire pire, à 10 ans qu'aujourd'hui, et sans dommages à long terme, vous ? Moi pas.

 

 

Alors même si j'ai été super contente de ce contrôle pédagogique (où, même sur ce sujet, chacun a pu donner son point de vue sans être interrompu et sasn que ça tourne au pugilat, ce qui déjà en soi est remarquable), d'un autre côté je me dis aussi que décidément, je suis plutôt contente de ne pas confier mes enfants à des gens qui ont de tels raisonnements (ou pas, c'est la roulette, et c'est bien ça une partie du problème !)...

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commentaires

peuimportequi 26/12/2011 23:30


La phobie scolaire s'est déclarée au moment des examens. J'ai passé le bac, des évaluations pendant mes trois années de formation et au moment de passer le diplôme d'état : refus d'obstacle. J'ai
fini aux urgences puis arrêt de travail pendant un mois et impossibilité de me présenter à la cession d'examen de juin. Alors, les ravvages du système scolaire, j'en porte encore les séquelles, à
presque 45 ans. Je suis sans diplôme alors que tout le monde est persuadé du contraire.

Marie 31/03/2011 17:54



Bonjour, je découvre votre blog et ce billet tombe à pic dans mes cogitations. En effet le mois de juin fatidique s'approche et avec lui la peur de n'être pas à la hauteur (et surtout la grosse
trouille de voir notre fille retourner à l'école). je sais bien qu'ils ne peuvent pas faire ça. L'année dernière c'était la première année d'inspection et on a tout gobé, mais cette année pas
question pas de test et si ils sont pas content c'est pareil. Mais évidemment je flippe toujours d'autant qu'on bosse à la cool quand je vois des tas de blog ou les mamans font faire des tas de
chose, je panique un tantinet, et je suis devant mon écran un peu comme devant un feu d'artifice"oh le beau lapbook vert" "oh le beau lapbook rouge" mais moi je sais pas du tout organiser des
trucs comme ça et pire je ne m'en sens ni l'envie ni l'energie. Bon, pas de panique, la famille va s'en sortir surement. Je vais faire un petit rapport aux oignons et après ben wait and see.


En tout cas, je vais suivre votre blog avec plaisir parce que je sens qu'il va beaucoup me décomplexer sur l'IEF. Moi aussi je suis d'accord, je suis contre le "t'es né c'est pour en chier".
Perso l'école fut un calvaire qui m'a pourri la vie (si vous ne l'avez pas lu à lire "chagrin d'école" de Pennac, j'ai cru qu'il avait écrit mon histoire ) contrairement à mon compagnon qui a eu une scolarité super brillante et qui lui a plu. Notre fille a comme ça deux sons de
cloche !


Au plaisir de vous lire.



Plouf_le_loup 31/03/2011 18:07



ravie que ça soit utile à décomplexer =^.^= (et encore, je n'en dis pas grand chose ici !! ça mouline dur dans mon cerveau ces jours-ci sur l'IEF !)


 


Ici aussi, expérience épouvantable à l'école pour moi (qui a mené à phobie scolaire, désco pendant un an, déjà, etc.), ça ne s'est arrangé que plusieurs années après le bac, quand j'ai repris
volontairement des études ; et expérience scolaire très positive pour monsieur Plouf, qui a adoré l'école de bout en bout et fait de longues études...



Audrey 27/03/2011 12:21



tu vas me faire peur avec billet avec toute cette violence à l'école ... Les filles sont bien intégrées, les maitresses sympas et qui font ce qu'elles peuvent avec les moyens qu'elles ont.
Ludivine est au CP et je trouve que le programme est plutôt bien foutu. Elle a appris à lire avec la méthode syllabique et maintenant elle se débrouille bien pour déchiffrer tous les mots.
Emeline est en moyenne section, elle apprend pas mal de choses sous forme de jeu. Mais bon j'avoue qu'elles n'ont pas de difficultés, je ne suis pas sure effectivement que ce soit pareil pour
tous les enfants.


Par contre grace à ton blog, j'ai une voie de sortie au cas où ... Avant de te lire, je n'avais aucune idée de ce que c'était la désco que j'ai découvert !


Bon dimanche !



Iza 26/03/2011 10:07



Les bibliothèques sans livres, c'est plus ou moins le projet des bibliothèques contemporaines : avant, nous réservions environ 70% de l'espace aux livres et 30% aux lecteurs. Le projet (en cours,
déjà commencé chez certains) est d'inverser les pourcentages, soit 30% de livres et de quoi faire du patin à roulettes autour ! Et beaucoup d'ordinateurs, bien sûr. (Voir la couverture du bouquin
de référence ici : http://www.electrelaboutique.com/ProduitECL.aspx?ean=9782765409823). J'avais un fonds de 800 livres en anglais, on m'a obligée à en pilonner 200...



Plouf_le_loup 26/03/2011 12:50



gné ? Mais à quoi ça sert d'avoir moins de choix et de grands espaces ? A lire allongé par terre au milieu de la salle histoire d'enterrer une bonne fois pour toute la politesse ? Quel monde
étonnant...



nana fafo 26/03/2011 07:51



oh combien je te comprends et je suis contente de voir qu'il existe encore des personnes capables de se dégager du moule pour se demander "mais qu'est-ce qui est bon pour moi, ma famille ?" avec
mon hom on n'a pas de tv, on fuit l'actualité imposée, si j'ai envie de savoir ce qui se passe je pense être capable de trouver et choisir l'information dont j'ai besoin, nous avons décidé de ne
pas avoir d'enfant à cause du monde qui nous entoure et du moutonnage imposé (entre autre) dès que tu sors du moule on te contraint à y entrer ou alors tu es mis en marge ! ce que tu pourras
apporter à ton enfant à la maison lui sera certainement beaucoup plus profitable car en plus toi tu la comprends ! et ce qu'en dit "l'administration" c'est l'avis de la masse, car son rôle est de
nous faire rentrer dedans pour mieux nous contrôler. Elle aura bien le temps de s'armer face à la vie quand elle aura confiance en elle et du coup elle sera préparée car plus forte. Quand je vois
les personnes qui enseignent très peu ont cette vocation profonde qui nécessite une remise en cause quotidienne et adaptation à chaque cas, la plupart donne de l'information mais n'enseigne rien
! Allez bon courage à toi, tiens bon ! tu n'es pas seule.



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