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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:01

livre_2011_08_Faye_Nagasaki.jpgShimura-san, météorologue proche de la soixantaine, célibataire habitant à Nagasaki dans un quartier calme, remarque dans sa maison des disparitions étranges et discrètes (un yaourt, un peu de jus de fruits...) alors que rien ne bouge, rien ne semble se passer... Il décide alors de fermer à clé sa porte quand il part travailler. Mais ces étranges disparitions continuent... Il achète alors un ordinateur et une webcam afin de surveiller sa cuisine depuis son lieu de travail. Il découvre alors l'ombre d'une "vieille" qui mange des yaourts et du riz en son absence, profite du soleil...

 

Tirée d'un fait divers réel (et pas tragique, quel plaisir !) arrivé au Japon en 2008, cette histoire douce intrigue, étonne, émeut. Racontée ici dans un style très poétique où foisonnent presque à chaque phrase des métaphores délicieuses et japanisantes à la façon typique qu'a le Japon de savoir mêler traditions et modernité, ce tout petit livre est un pur délice. La fin est superbe, douce, émouvante, éclairante sur l'histoire, généreuse, altruiste.

On y trouve des jolies embardées lyriques à la japonaise, des observations technologiques ordinaires, et quelques réflexions politiques "l'air de rien en passant"...

Aaah si les journaux pouvaient nous relater aussi bien tous les faits divers !

De là à décerner un prix à ce roman, je ne serais peut-être pas allée jusque là, mais pourquoi pas, après tout...

 

***

Feuilletons ensemble quelques extraits :

 

incipit : Il faut imaginer un quinquagénaire déçu de l'être si tôt et si fort, domicilié à la lisière de Nagasaki dans son pavillon d'un faubourg aux rues en chute libre.

 

page 31 : Quelle déité exigeait pour offrande un yaourt, une prune confite ou du riz aux algues ?

 

page 69 : Allongé, j'ai attendu, mais ça ne venait pas. Le sommeil ? Non, l'oubli. non pas l'oubli de cette pauvre femme qui ne m'était rien, mais celui de mon existence entière dont se dévoilaient tout d'un cou ple dénuement et l'aridité. Aucune ambition n'y poussait plus depuis longtemps, aucune espérance non plus. Cette femme était à maudire. A cause d'elle, le brouillard s'était levé.

 

page 71 : Car l'automne a pénétré jusque dans les âmes, cet automne.

 

page 72 (à propos de la Crise) :  Dans le bac à sable où les enfants jouaient au capitalisme, on vient d'égarer la règle du jeu.

 

page 73 : Je n'ai jamais aimé ceux qui réussissent.

Non pas parce qu'ils réussissent, mais parce qu'ils deviennent le jouet de leur succès, d'un Moi aveuglé. le Moi à tout prix est la fin de l'homme.

 

page 82 : Au-delà, rien ne nous rapproche. Les riens diffèrent souvent du tout au tout.

 

page 89 : Donnez du plaisir au ventre, l'esprit se tourmente au ralenti...

 

page 92 : La femme d'aujourd'hui sait qu'il ne faut pas laisser les souvenirs rebondir dans le palais des miroirs ; ils deviendraient fous, comme une mouette qu'on enferme par mégarde dans une salle.

 

page 93 : Une pensée la traverse, qui sonne comme une parole biblique : heureux les amnésiques, car le passé est souffrance.

 

page 106 : Je me dis qu'il faudrait inscrire dans toutes les constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les hauts lieux de son passé.

 

page 108 : Le renouvellement du pacte de sécurité entre notre pays et les Etats-Unis perpétuait le lien avec ceux qui avaient largué une bombe atomique sur ma famille. Haïr ! J'ai consacré des années à la haine. Le reste n'était qu'habillage. [...] Mon moi, cet ego que je fuyais dans le nous, j'ai fini par le dissoudre dans la drogue.

 

***

Nagasaki, Eric Faye, Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2010, 108 pages

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:41

livre-pas-fini_2011_08_McCarthy_route.jpgIl semble que ce livre soit déjà culte chez les bobos. Bon. On me l'a conseillé dans un tout autre contexte, et d'une telle manière que je l'ai pris.

 

Le périple d'un homme et son fils plusieurs années après l'apocalypse. Quel genre d'apocalypse ? Aucune idée là où j'en suis rendue, et pas vraiment d'envie de le savoir. Leur avancée, chaque jour, dans le froid, les cendres, le jour gris. Le danger, l'inhumanité, la peur, les souvenirs.

 

Je conçois qu'on puisse trouver ça passionnant. Et l'idée me plaît assez. Mais le récit est lourd, quasi sans ponctuation, froid, vide, sans que ça empêche un certain maniérisme. Sûrement pour participer à l'ambiance glaciale, distanciée. Mais j'aurais aimé y trouver des traces d'humanité, d'émotion, parce que sinon ça me fait à peu près l'effet d'images de synthèse grossières : oui, bon, y'a de l'idée, mais la réalisation formelle pêche tellement qu'impossible d'entrer dans le récit, par ailleurs terriblement monotone (bah oui, je me doute que la vie après l'apocalypse serait monotone, mais je ne vois pas l'intérêt de se l'imposer dès aujourd'hui...). Dommage. Stop page 103 dans cette édition "à vue d'oeil" qui en compte 374.

 

***

Feuilletons ensemble quelques extraits :

 

incipit : Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté.

 

page 23 : Le noir dans lequel il se réveillait ces nuits-là était aveugle et impénétrable. Un noir à se crever le tympan à force d'écouter.

 

pages 40-41 :Dasn les premières années les routes étaient peuplées de fugitifs disparaissant sous leurs habits. Portant des masques et des lunettes de plongée, en guenilles, assis au bord de la route comme des aéronautes en détresse. Leurs brouettes encombrées de tout un bric-à-brac. Remorquant des charettes et des caddies. Leurs yeux luisant dans leurs crânes. Coquilles sans foi de créatures marchant en titubant sur les levées le long des marais tels des vagabonds sur une terre en délire. La fragilité de tout enfin révélée. D'anciennes et troublantes questions se disolvant dans le néant et dans la nuit. L'ultime expression d'une chose emporte avec elle sa catégorie. Eteint la lumière et disparaît. Regarde autour de toi. C'est long jamais. Mais le petit savait ce qu'il savait. que jamais c'est à peine un instant.

 

page 46 : Question : quelle différence y a-t-il entre ne sera jamais et n'a jamais été ?

 

***

La Route, Cormac McCarthy, traduit (américain) par François Hirsch, 2006, 374 pages

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 22:32

Aujourd'hui, MissPapillon a eu 11 ans =^.^=

2011_08_29_onze.JPG

 

Et puis, moins marrant avec le recul même si à l'époque c'était une énorme bouffée d'air, aujourd'hui ça a fait 6 ans que nous avons notre maison d'ici... Et tout ça le jour de ma fête, bah ouich =^.^=

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 21:38

livre_BD_2011_08_bedu_cauvin_les_psy_2.jpgBon, je la refais courte. Les Psy, ce sont les aventures professionnelles drôles ou désopilantes de psychanalystes. En fait, l'article est surtout là pour le plaisir de partager quelques planches =^.^= Toujours aussi drôle !

 

 

****

 

 

 

 

Quelques extraits, donc (clic pour les agrandir)...

  bd2ex0.jpgbd2ex1.jpgbd2ex2.jpgbd2ex3******

Les Psy n°2, dites-moi tout !, de Bédu et Cauvin, 1994, 46 pages

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 21:34

Saison des nuages...

D'abord pour Emmanuelle, dont c'était l'anniversaire il y a quelques jours, et à qui les nuages manquent là où elle vit...

bidouille_crochet_2011_08_nuages_collier_emmanuelle.jpg

Et puis pour les Serial Crocheteuses n°102, dont le thème hebdomadaire est le vent :

bidouille crochet 2011 08 SC102

Nuages et vent, ne manque plus que la pluie et je ne serai pas dépaysée quand je sors dans le jardin !

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:53

J'ai lu ce matin que le gouvernement avait décidé de taxer plus lourdement les produits sucrés et de ne pas taxer ceux édulcorés à l'aspartame, ceci afin de lutter contre l'obésité... J'en suis restée sans voix (et très énervée).

 

Passe encore les mesurettes-foutage de gueule pour continuer à flamber sur le dos des petits, comme les 3% sur les très grosses fortunes ou le passage de 5.5% à 19.6% de la TVA sur les parcs à thème (vlan dans les dents les salariés moyens !), tout ça c'est du normal dans notre monde, même si quelques illuminés psalmodient encore "nous sommes dans une démocratie" en essayant de se le faire croire (sérieusement, la pensée humaine est fascinante ! Le bon docteur Coué a encore de beaux jours devant sa dépouuille !)... Mais s'en prendre encore une fois volontairement à la santé publique (je dis encore à cause de la blague de la vaccination massive du H1N1 et des passe-droits continuels type Médiator, ou Revaxis même si celui-là n'est pas encore remonté à la surface, ça viendra...) et se foutre du monde à ce point, ça me dépasse... J'ai du mal à croire que ces ministres soient illettrés au point de n'avoir pas été capables de lire quelques rapports, non seulement sur la neuro-toxicité du produit, mais sur sa toxicité pour le pancréas à long terme. Autrement dit, il favorise outrageusement l'obésité !! Son seul usage vaguement justifiable (mais il y a bien mieux pour remplacer le sucre !), à petites doses et à certaines conditions, c'est pour les diabétiques. J'ai du mal à croire que nos sinistres ignorent ça... Autrement dit, je suis convaincue qu'il y a derrière une volonté délibérée, un choix clair et conscient de favoriser les profits des industries les plus lourdes au détriment du peuple et des petites entreprises alimentaires. Rien de neuf, en somme...

 

Mais comme d'habitude, dès qu'un vent de sapin souffle sur les plus gros lobbys agro-alimentaires (là c'est la stévia qui les fait puer, sans compter l'étouffement de ce qui a bien failli déraper quand les journaux ont découvert récemment qu'il n'existait aucune étude justifiant l'AMM -autorisation de mise sur le marché- de l'aspartame, aucune étude démontrant son inocuité, l'afsa renvoie sur l'Europe, qui renvoie sur la FDA américaine, qui a malencontreusement perdu le dossier -pas de chance, hein-... mais bon, ouf, "on" a réussi à faire taire la presse, qui ne demandait d'ailleurs peut-être que ça...), les plus puissants resserrent les rangs, font front contre ce putain de peuple, salauds de pauvres. Passez-moi la cuvette.

 

En revanche, c'est vrai que l'aspartame, c'est super contre les caries. Dans 30 ans, ça sera merveilleux : on sera presque tous neuneu (enfin pas moi, j'ai la chance d'y être violemment allergique, donc pas la moindre particule pour moi et je surveille tout de très près), probablement Alzheimer et en grave dépression avant (avec la super facture du psy pour tous ces vertiges et migraines 'inexpliqués" malgré le formidable régime agro-alimentaire...), dociles comme des agneaux, ne demandant qu'à se faire enfumer... et, l'essentiel : avec des sourires éclatants. Que demander de plus ?... (comment ça "on y est presque déjà ?" argh !!)

 

Décidément, faut pas que je lise les infos, c'est toujours de pire en pire, lamentable... Quel drôle de monde !

 

actualité, politique

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:50

Encore un gros plan...Ce matin, l'idée est de MissPapillon =^.^=

mystere_2011_08_28.JPG

Réponse mercredi (si j'y pense...)

 

Jouons aussi chez Zazimuth ! (j'avoue que cette semaine, je suis un peu collée chez elle...)

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 08:51

livre_BD_2011_08_bedu_cauvin_les_psy_1.jpgBon, pas grand chose à en dire... Si vous ne connaissez pas, ce sont les aventures professionnelles de psys plus vrais que nature, en BD, par des histoires courtes de 1 à 6 pages.

 

Ca détend sans prétention, c'est rigolo sans l'être exagérément non plus. J'ai décidé de me refaire la série, histoire de m'amuser un peu... Et cet article juste pour le plaisir de quelques planches...

 

 

 

 

 

 

 

*****

quelques planches, donc... (clic pour les agrandir)

bdex1-copie-1.jpgbdex2-copie-1.jpgjuste pour le fun, cette petite image qui m'a vraiment fait rire :

bdex3-copie-1.jpgbdex4-copie-1.jpgbdex5.jpg******

Les Psys 1, Bédu et Cauvin, 1994, 46 pages

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 08:08

Aaargh damned ! Mercredi est passé et j'ai... oublié ! Alors voici la réponse au Kesss de cette semaine en images :

mystere_2011_08_21_reponse.jpg

Vous étiez plusieurs à avoir repéré le carton, et même le fond d'un emballage en carton, mais personne n'a reconnu ce bleu caractéristique =^.^=

Prochain kesss dimanche ! =^.^=

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 08:54

livre_2011_08_teule_charly_9.jpgCelui-là, j'attendais avec impatience de pouvoir le lire ! Quelle déception ! En presque deux semaines, je n'ai réussi qu'à en lire à peine plus de 80 pages, et je m'ennuie... Je jette l'éponge, mettre si longtemps à en lire si peu tellement ça me rase, c'est trop.

Alors pourquoi je n'aime pas ? Peut-être déjà parce que je connais assez bien cette période pour l'avoir étudiée (et grandement appréciée) pour préparer les cours de MissPapillon il y a un an et demi. Peut-être que l'image qu'a Teulé de Charles IX ne cadre pas assez avec celle que j'ai (quoiqu'on n'en est pas loin), et que j'ai besoin d'apprendre en lisant (pour l'instant, ça n'est pas le cas, sauf quelques mots de vocabulaire). Ensuite parce que je trouve que Teulé teuléise beaucoup dans ce roman, se vautre dans ses petits plaisirs habituels (d'évocation de puanteur par exemple), en rajoute et surjoue (même si effectivement, les gens s'exprimaient peut-être ainsi à l'époque, de manière à la fois châtiée et très ordurière et imagée) ; si c'est distrayant à petites touches, ça devient lourd quand c'est trop fréquent.

 

Alors je le pose à regret mais je le pose. Stop page 86. Peut-être y reviendrai-je, on verra...

 

*****

feuilletons quelques extraits :

 

incipit : - Un mort ?

 

page 13 : C'est vrai que Henri a un genre... Menton ras, face pâle, geste efféminé, l'oeil d'un Sardanapale, voilà tel qu'il paraît en ce bal. Garni bas et haut de roses et de noeuds, visage de blanc et de rouge empâté, une coiffe en forme de coquillage comme un gros bulot rose sur sa tête, font voir l'idée : en la place d'un prince, une putain fardée.

 

page 50 : - Tu as commis un grand crime. Tu n'es plus un roi mais un assassin. Un meutre abominable ensanglante tes mains. Te voilà couvert du sang de tes sujets.

 

page 56 : Aux civilisations, je préfère les paysages.

 

page 84 : Je serais, pour ma part, charmé de ne laisser aucune postérité mâle.

 

*****

Charly 9, Jean Teulé, 2011, 232 pages

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